Pas d’améliorations de l’échange

L’amélioration des termes de l’échange ne s’est pas produite pour la zone euro.

C’est tout d’abord la forte hausse du prix du pétrole et autres matières premières qui ont limitée l’impact positif de la hausse de l’euro sur les importations. On pourrait alors penser intuitivement qu’un euro fort est un atout et donc que cette montée vertigineuse des prix du baril n’est pas un problème mais même si le pétrole est facturé en dollars, et donc moins coûteux pour les pays de la zone euro, sa hausse n’en reste pas moins un impact négatif et non une contrepartie de l’appréciation de l’euro.

Autre élément ayant contrecarré les effets escomptés d’une possible amélioration des termes de l’échange : le commerce intra – zone. L’union monétaire européenne est composée de pays qui, comme ils le faisaient avant la mise en place de l’euro, réalisent des échanges entre eux. Mais depuis 1999 ces exportations et importations sont faites dans la même monnaie et ne sont absolument pas influencées par le taux de change euro/dollar. Or, environ la moitié du commerce extérieur effectué par les différents pays européens est un commerce intra – zone. Entre 2000 et 2003, 50.5 % des exportations françaises, 43.3 % des exportations allemandes, ou encore 44.4 % des exportations italiennes furent à destination d’un autre pays de la zone euro. L’amélioration des termes de l’échange ne pouvant se produire que sur l’autre partie de leurs exportations les effets positifs attendus ne pouvaient qu’être minorés.

Au regard du comportement des entreprises européenne, au lieu d’effets minorés nous devrions plutôt parler d’une amélioration quasi nulle. Les prix en euro des exportations ont très rapidement diminué dès 2001. Ils ont suivi les comportements de marge des exportateurs européens qui se sont appuyés sur des marges importantes dans le commerce intra – zone pour très nettement baisser celles sur le commerce extra – zone, et ainsi rester compétitifs. De cette manière aucune amélioration des termes de l’échange ne pouvait se produire et profiter aux pays de la zone euro, surtout s’il on y superpose le coût élevé de l’achat de matières premières.