Conséquences pour les USA d’un taux de change USD EUR defavorable

Quelles sont les conséquences d’un euro fort et un dollar faible pour les USA ?

En 2004, si la zone euro n’aura connu qu’une croissance de son PIB de 2 %, les USA auront, eux, effectué une croissance de 4,8 % du PIB.

Leur politique expansionniste permet la croissance de la consommation

La croissance de la consommation américaine est également supérieure et ce n’est pas une croissance du revenu qui en est la cause. Les revenus d’emplois étaient en baisse en 2002 et 2003 alors que la consommation se maintenait à un niveau plus qu’acceptable. Même si on peut en partie l’attribuer à une épargne moribonde des ménages, ce sont surtout les mesures conduisant au déficit public qui ont financée la consommation US. En injectant près de 1000 milliards de dollars dans la machine économie grâce à une politique anti-cyclique Georges Bush a réussi à redonner confiance aux consommateurs américains. Sans les réductions fiscales accordées par le gouvernement, l’équilibre n’aurait pu être réalisé. L’évolution à la baisse du taux de change dollar / euro étant la contrepartie de cette politique anti-cyclique il n’y a qu’un pas à faire pour attribuer la croissance de la consommation aux Etats-Unis à la dépréciation du billet vert. Un pas d’autant plus important que la consommation a joué le rôle de principal moteur de l’activité américaine depuis 2001.

Mais le poids des déficits a fini par entraîner au cours de l’année 2004 une hausse de l’inflation portée par la chute du dollar qui provoque une augmentation du coût de l’énergie et des matières premières plus rapide outre atlantique.

Le meilleur niveau d’investissements aux USA est permis par la politique de la Fed

Grâce à des taux directeurs nettement inférieurs à ceux de la zone euro les investissements ont été plus importants outre atlantique. Alan Greenspan, patron de la Réserve Fédérale, a en effet orchestré 13 baisses de taux depuis la fin 2000 pour atteindre le taux jamais vu depuis 1958, à savoir 1 %, permettant ainsi de diffuser de la confiance. La différence des taux de la Fed et de la BCE explique en partie un niveau d’investissement plus important aux USA. En 2004, la plupart des entreprises américaines ont pu profiter du maintien des conditions financières favorables pour restructurer leur dette et leur bilan, et ainsi commencer à faire de nouveaux investissements en équipements et réembaucher du personnel.

Le cadeau fiscal de politique de Bush étant aussi tourné vers les entreprises il aura permis de relancer quelques peu les investissements.

Les exportations US ne bénéficient que peu du dollar faible

Les exportations américaines ne profitent pas du dollar faible comme on pourrait l’imaginer trop rapidement. Certes, en 2003, elles ne progressent pas en valeur mais augmentent tout de même en volume grâce à l’envolée des importations de la Chine. Mais ces exportations font partie du volume à destination des pays dont la monnaie est arrimée au dollar. Le faible cours du taux de change dollar / euro n’aura donc pas été le responsable de cette progression du nombre d’exportations américaines.

Les exportations ont été soutenues au premier semestre 2004 bien qu’elles auraient pu être supérieures du fait d’une bonne compétitivité prix et d’une forte demande mondiale envers les Etats-Unis notamment.

Le bilan (provisoire) de la dépréciation du dollar qui aurait dû défendre les parts de marchés à l’export tout comme à l’intérieur est mauvais. Et cela provient des élasticités à l’import et à l’export. Les importations ne faiblissent guère et la croissance induite des exportations reste modeste. En effet, l’élasticité-prix des importations et des exportations américaines est faible et l’élasticité-revenu des importations est plutôt forte.

Les déficits jumeaux américains étant finalement la source de l’activité américaine c’est donc la hausse de l’euro ainsi que l’action des banques centrales asiatiques qui ont permis la croissance aux USA.

En outre,

Quelles conséquences pour la zone euro ?

Et pour les pays asiatiques ?