Cas particulier des pays dont la monnaie est le france CFA

Pour certains pays il existe une parité fixe de leur monnaie avec l’euro. C’est le cas des pays dont la monnaie est le Franc CFA qui avait autrefois un taux de change fixe avec le Franc français. Cette fixité a été maintenue lors du passage à l’euro et l’appréciation de la monnaie unique depuis 2001 nous fait nous interroger, en prenant pour exemple le Cameroun, sur les conséquences pour ces pays.

Pour le Cameroun, le Franc CFA arrimé à l’euro lui apporte du positif et du négatif.

Pour le Cameroun, 1 euro est fixé à 655,957 F CFA. Et en décembre 2004, date à laquelle 1 euro s’établissait à 1,35 dollar, le taux de change flottant était alors de 1 dollar pour environ 513 F CFA. Pour un pays essentiellement exportateurs de matières premières en euro (banane, bois, etc.) et en dollar (pétrole brut, cacao, café, coton, etc.) et importateurs de biens manufacturés, une question se pose : l’appréciation de l’euro est-elle positive ? Il faut en évaluer l’impact sur les recettes des exportations, les dépenses en importations mais aussi les conséquences sur le remboursement de la dette extérieure.

Jean-Félix Mamalepot, gouverneur de la banque centrale locale, la BEAC, tente de répondre à cette question. Pour lui, la flambée des prix du baril de pétrole n’est que théorique du fait de la faiblesse du dollar, monnaie dans laquelle ils sont libellés. Il passe rapidement sur l’avantage à l’importation de biens d’équipements payés en dollars. Pour ce qui est des exportations en euro à destination de la zone euro, l’impact est bien entendu nul. Le ressenti est surtout négatif puisque depuis « la zone franc » c’est avant tout la perte concernant les produits vendus à l’extérieure en dollar qui retient l’attention.

Afin de prévenir des fluctuations de change ces pays bénéficient de la garantie de change. C’est un mécanisme qui existe ici entre le Trésor français et la BEAC, selon lequel si la monnaie d’ancrage (franc français et ensuite euro) s’oriente dans une direction donnée, se déprécie par exemple par rapport aux droits de tirages spéciaux (DTS), entraînant ainsi le F CFA dans ce sillage, le Cameroun subit une perte. Il faut dans ces conditions que leur partenaire, la France, leur verse une compensation. Quand en revanche, la monnaie d’ancrage s’apprécie comme c’est le cas maintenant, entraînant aussi le Cameroun dans cette voie, le F CFA s’appréciant par rapport aux DTS, les calculs se font au jour le jour.  Dans le cas où l’euro s’apprécie, c’est la BEAC qui est redevable vis-à-vis de la France. Avec cette différence que le décompte de la redevance à verser au Trésor français n’est pas effectivement effectué mais gardé dans une comptabilité auxiliaire et sert pour les mauvais jours.

La garantie de change ne leur rapporte rien dans le contexte actuel, les exportations en dollars sont moins rentables mais pour le Cameroun, outre l’effet positif qu’est la diminution de la valeur des importations, il ne faut pas oublier le remboursement de la dette (en dollar) qui est facilité par un euro fort. Faire un bilan devient difficile et l’on peut simplement affirmer que l’appréciation de l’euro apporte du bon et du mauvais aux pays tel que le Cameroun.

Et dans les grands pays du monde ?

La zone euro avec Allemagne, Italie et France

Les états unis d’Amérique

Les grands pays asiatiques