La remontée de l’Euro en décembre 2000

L’euro entre en vigueur le 1er janvier 1999 et son cours ne va cesser de baisser jusqu’en décembre 2000. Cette baisse à des causes multiples, mais tient principalement au différentiel de croissance observé en faveur des USA durant cette période. Cependant, il y a eu exagération de cette baisse sur les marchés : la valeur réelle de l’euro, d’après les fondamentaux économiques, ne correspondait pas à la valeur courante. La monnaie européenne est passée d’un change avec le dollar d’un euro pour 1,18 dollar le premier janvier 1999 à un euro pour 0,82 dollar en octobre 2000.

En décembre 2000 on assiste à une remontée spectaculaire de l’euro, plus vite que prévu, accéléré par le ralentissement de l’économie américaine. Jusque là les investisseurs se dirigeaient en masse vers les USA, la croissance sous l’ère Clinton était de 5%. Mais fin 2000 les indicateurs passent au rouge, la crainte de la surchauffe et des tensions inflationnistes ainsi que la peur d’un atterrissage en catastrophe de l’économie font que la croissance de 2001 est annoncée plus faible.

De plus, le billet vert avait bénéficié du prix élevé du pétrole en 1999 et 2000. Les achats de matières premières se réglant en dollar, c’est mécaniquement que les européens achetaient plus de dollars pour se fournir en pétrole, ce qui créait alors artificiellement une demande de dollars et une offre d’euros. Or, entre octobre et décembre 2000, le prix du baril a chuté d’environ 30%. C’est d’autant moins d’euros sur les marchés, ce qui pousse l’euro vers le haut.

A cela il faut ajouter un climat de confiance apparu en Europe, l’euro a fait ses preuves après deux ans d’existences et retrouve en quelques sortes la notoriété perdu du Mark allemand. C’est donc pourquoi les investisseurs se recentrent sur les titres européens, surtout que le Japon est toujours en crise. Le taux de change s’est alors vu grimper d’environ 10 % en quelques jours.

Face à cette soudaine remontée de l’euro les avis étaient plutôt optimistes et ne prenaient pas toujours en compte l’avantage compétitif à l’exportation tiré d’un euro faible. La récente croissance européenne ayant été tiré par les exportations ce renouveau de la monnaie unique européenne apparaissait pourtant déjà comme une menace à ne pas négliger.

Voyons l’évolution du taux de change de 2001 à 2004.